mardi 1 mai 2018

PLACE PUBLIQUE



















Agnès JAOUI

Comédie française_1h38 : Agnès JAOUI / Jean-Pierre BACRI / Léa DRUCKER / Kévin AZAÏS / Nina MEURISSE / Sarah SUCO / Héléna NOGUERRA / Miglen MIRTCHEV / Sam KARMANN / Olivier BROCHE

CASTRO, célèbre animateur télé sur le déclin, se rend à la crémaillère de sa productrice et amie Nathalie, c'est à 35 minutes de Paris, il y va donc dans sa nouvelle voiture flambant neuve avec son chauffeur.
Ce sexagénaire se refuse à vieillir, il arbore donc depuis peu un ridicule et voyant postiche, c'est alors en revoyant son ex femme, sa fille, sa compagne du moment qui tarde à arriver et d'autres connaissances plus ou moins proches qu'il va commencer à maronner, se monter le bourrichon pour, bien évidemment, finir par exploser...la journée s'avère longue.

Une pure comédie hilarante et juste au possible, ça ne vieilli pas, c'est toujours aussi corrosif et l'humour et les dialogues (JAOUI/BACRI) sont réellement irrésistibles.
Nous déambulons, virevoltant dans une énorme et belle demeure de province au gré des musiques d'un orchestre hispanique très présent dans cette comédie, nous croisons alors moult personnages aussi éclectiques que hauts en couleurs et de toutes les couches de la population.
Les vieilles rancoeurs, les imbruglios amicaux et sentimentaux refont surface, montant en puissance, tout en douceur, enchainant les situations cocasses, gênantes jusqu'à un trop-plein qui fait littéralement "péter la marmite" pour le plus grand plaisir des spectateurs.
Le casting et l'interprétation sont, comme toujours, au top avec une mention spéciale pour le jeune et talentueux K.AZAÏS qui tire très habilement son épingle du jeu.
Pour finir nous avons là une superbe bande originale à part entière, ponctuant de manière très subtile les différents tableaux et surtout un magnifique hommage, couronnant ce long-métrage épatant, à Monsieur Alain BASHUNG de la part de J.P.BACRI qui interprète le fameux OSEZ JOSEPHINE d'une justesse inouïe, avec juste une guitare sèche pour accompagnement.
Encore une fois dans le mille! BRAVO
Note : 9 / 10 --

mardi 17 avril 2018

L'ÎLE AUX CHIENS




















Wes ANDERSON

Animation américano-allemand_1h41 : suite à une grosse épidémie de grippe canine, tous les toutous de Megasaki sont envoyés (sur)vivre seuls sur l'île poubelle qui fait face à la ville, sur ordre de l'inflexible maire KOBAYASHI.
Son petit neveu, Atari, décide malgré tout de se rebeller, il va alors voler un petit coucou pour se rendre sur ladite île afin de retrouver son fidèle ami Spots, chien fidèle et garde du corps.

Un magnifique film d'animation super bien léché tant dans l'image que dans les nombreux personnages hauts en couleur et dans cette fabuleuse histoire merveilleusement contée.
Nous avons ici un long-métrage qui va au bout des choses, dans les moindres et nombreux détails, formant un fantastique univers bien trempé qui rend l'ensemble vraiment touchant.
C'est autant créé pour les enfants que leurs parents, ça passe tout seul, en nous faisant aussi réfléchir, c'est drôle et l'ensemble est on ne peut mieux réalisé.
Un vrai big-up pour W.ANDERSON qui s'est, je trouve, surpassé dans le genre quand FANTASTIC Mr FOX était déjà fort bon.
Note : 8 / 10 ++

lundi 16 avril 2018

RED SPARROW




















Francis LAWRENCE

Thriller, espionage américain_2h21 : Jennifer LAWRENCE / Joel EDGERTON / Matthias SCHOENAERTS / Charlotte RAMPLING / Jeremy IRONS / Ciaran HINDS / Mary-Louise PARKER / Joely RIDCHARSON / Thekla REUTEN / Sebastian HÜLK

Lors d'un fameux ballet où est réuni le gratin russe, une prometteuse ballerine, Dominika EGOROVA, se brise la jambe par mégarde ; c'est ainsi toute sa vie et sa carrière dans la danse qui sont alors anéanties.
Quelques jours plus tard, son oncle maffieux des services secrets lui apporte la preuve que l'accident était un coup monté et lui propose par là même d'entrer à son service.
D'abord réticente, la jeune femme en charge de sa pauvre mère malade, n'a d'autres choix que d'accepter l'offre et remplir sa toute 1ère mission ; ce sera loin d'être ce à quoi elle s'attendait, d'une extrême violence, ce ne sera pas la dernière et la vie de notre héroïne va donc prendre un virage à 180°!

Un bien bon thriller très sombre, froid au possible, doté d'un scénario alambiqué comme il faut, qui nous maintient en alerte maximale du début à la fin et dont les scènes d'action et de tortures sont à la limite du supportable.
Le long-métrage est également porté par un casting ahurissant de justesse, d'une véracité exemplaire, le tout dans des décors d'une Russie vieillotte à souhait, aux méthodes d'un autre siècle, mais aussi efficace que les bonnes grosses ficelles américaines.
J.LAWRENCE porte ce film de main de maître, habilement épaulée par le très bon J.EDGERTON, pour ne rien dire de Madame Charlotte RAMPLING dans un rôle qu'on croirait créé pour elle, ni du toujours aussi fascinant J.IRONS, M.SCHOENAERTS étant lui aussi plus vrai que nature.
L'intrigue est réellement haletante, nous scotchant littéralement aux strapontins, tout ceci saupoudré  de passages extrêmement violents, quasi choquants (certain spectateurs ont même quitter la salle), mais qui épicent et relève le plat pour mon plus grand plaisir
Le seul petit hic est, je trouve, de ne pas avoir choisi le langage du pays qui aurait encore renforcer le côté glauque et dur de cette oeuvre, m'enfin...grand BRAVO Mr LAWRENCE, comme toujours.
Direct, efficace, choc, j'aime!
Note : 8 / 10 --

lundi 9 avril 2018

READY PLAYER ONE

Steven SPIELBERG

Science-fiction américain_2h20 : Tye SHERIDAN / Olivia COOKE / Ben MENDELSOHN / Lena WAITHE / Simon PEGG / Mark RYLANCE / T.J. MILLER / Hannah JOHN-KAMEN / Philip ZHAO / Win MORIZAKI

2046, alors que le monde n'est plus que chaos, les hommes se sont TOUS réfugiés dans l'espace virtuel.
C'est donc au sein d'un jeu, créé par le célèbre James HALLIDAY (une sorte de Steve JOBS fou), dans lequel chacun a l'avatar qui lui convient, qu'ils évoluent à leur guise dans des univers aussi excentriques que différents et surprenants.
A sa mort, le scientifique déclare livrer toute sa fortune et son héritage informatique à celui où celle qui résoudra son ultime énigme : trouver 3 clés et l'Oeuf d'or caché dans l'OASIS...

Un excellent SPIELBERG qui va sans doute mettre tout le monde d'accord, bourré d'effets spéciaux ultra modernes et empli de clins d'oeil aux eighties!
Nous trouvons effectivement là un très bon long-métrage dans lequel on plonge dès le début grâce à une formidable course poursuite au coeur d'un New-York plus vrai que nature, à 200 à l'heure et plein de pièges et de surprises toutes aussi extravagantes les unes les autres.
Les personnages sont attachants et originaux, le méchant, i-ROk, est réellement terrible et les nombreuses allusions aux films, jeux et accessoires en tout genre de nos enfances/adolescences nous rappellent bien des souvenirs aussi plaisants que drôles.
On passe vraiment un très agréable moment et les 2h20 pourraient à l'aise durer le double tant l'intrigue et le scénario sont bien léchés.
Du bien bon SPIELBERG s'il en est!
Note : 7/ 10 ++

lundi 19 mars 2018

GHOSTLAND




















Pascal LAUGIER

Thriller franco-canadien_1h31 : Crystal REED / Anastasia PHILIPS / Emilia JONES / Taylor HICKSON / Mylène FARMER / Rob ARCHER / Adam HURTIG

Pauline et ses 2 filles adolescentes vont emménager au fin fond de la cambrousse américaine dans la vieille bâtisse de feue leur tante Clarisse.
Après quelques brèves heures d'installation (en pleine nuit) un couple de tueurs aussi fous que sanguinaires débarque en la demeure pour leur faire vivre un véritable cauchemar.
C'est en effet dans un puits de l'horreur, sans fond et sans fin semble-t-il, que sont plongées nos protagonistes.

Très spécial, dérangeant et on ne peut plus interrogatif au départ, ce long-métrage se déroule posément pour s'avérer excellent, tout simplement époustouflant de violence, de mystère, de questionnement s'il en est, et qui retombe magistralement sur ses pieds pour ma plus grande satisfaction!
Le réalisateur signe ici un sublime chef-d'oeuvre qui risque, une fois n'est pas coutume (souvenez-vous du sublimissime MARTYRS), de diviser, faire jaser et en tout cas délier les langues des spectateurs.
Il use et abuse des effets les plus connus pour nous maintenir le trouillomètre au plus haut, dans une maison "de poupée" qui tient un rôle à elle seule et regorge de quasiment tous les "clichés" du genre qui passent tous comme une lettre à la poste afin de sans cesse renforcer notre sentiment de peur, d'angoisse bien puissante mais pour finalement nous livrer une "chose", un alien bien jouissif.
Alors on voit assez rapidement où l'on va sans doute se rendre et je me suis réellement demandé si j'étais devant un nanar ou une pure petite perle ; je me suis en effet posé mille et une question quant aux nombreux dénouements possibles et imaginables, je ne suis pas tombé totalement à côté de la plaque bien que la tortueuse intrigue s'ouvre sur un dénouement qui apparaît complètement ubuesque pour, en fin de compte, découler sur une histoire qui tient très intelligemment la route.
Plus j'y repense, moins je compte de défauts, de contre-sens ou d'aberrations là-dedans, ma joie ne fait que croître depuis ma sortie du cinoche, je suis, il est clair, époustouflé, ravi et j'incite les puristes à aller voir ce petit monument de frissons, d'action qui, cerise sur le gâteau, ne peut que nous faire réfléchir tant tout cela est au final très réaliste!
Note : 8 / 10

mardi 13 mars 2018

LE LABYRINTHE : LE REMEDE MORTEL



















Wes BALL

Science-fiction américain_2h22 : Kaya SCODELARIO / Dylan O'BRIEN / Thomas BRODY-SANGSTER / Aidan GILLEN / Giancarlo ESPOSITO / Rosa SALAZAR / Ki HONG LEE / Patricia CLARKSON / Dexter DARDEN / Walton GOGGINS / Will POULTER

Toujours avec ses "blocards", Thomas va cette fois s'attaquer au centre névralgique de la répression : la Dernière Ville, afin de libérer ses amis et les jeunes immunisés du joug de la féroce organisation WICKED.

Lorsque l'on suit cette épopée depuis le début, on veut forcément voir le fin mot de cette histoire abracadabrantesque, alors on en prend encore et toujours plein les yeux, quant à nos héros ils ont, il est vrai, bien évolués.
Malheureusement le scénario est, je trouve, tiré -à mort- par les cheveux, le dénouement empli de rebondissements est trop long, il ne tient pas vraiment la route quand l'ensemble, déjà réalisé en mieux (HUNGER GAME, DIVERGENTE, pour ne citer que ceux-là) nous laisse un fort goût de déjà-vu qui colle au palais et en devient quasiment indigeste.
Ce n'est peut-être pas raté mais honnêtement cette saga là est loin, bien loin, de marquer nos esprits...
Note : 5 / 10 -


mardi 6 mars 2018

LA FORME DE L'EAU




















Guillermo Del TORO

Romance dramatique et fantastique américaine_2h03 : Sally HAWKINS / Michael SHANNON / Richard JENKINS / Octavia SPENCER / Doug JONES / Michael STUHLBARG / Davis HEWLETT / Nick SEARCY

Elisa est muette, vit chichement dans un vieil immeuble surplombant un magnifique cinéma de quartier et fait le ménage dans un laboratoire gouvernemental des Etats-Unis ultra secret.
Un jour, par hasard, en compagnie de sa collègue et amie Zelda, elles découvrent dans un caisson, une drôle de forme de vie qui semble plus animale et sauvage qu'humaine...
La jeune femme va dès lors tout faire pour revoir cet être étrange et tenter petit à petit de nouer des liens avec celui-ci.

Un conte tout simplement magnifique, superbement narré, au casting et l'interprétation super justes, à l'intrigue aussi surprenante que malicieuse et à la réalisation, bien à l'aise, à la hauteur de son Oscar!
Nous rentrons dans le vif du sujet dès les toutes premières minutes d'une façon  tout à fait fluide, sommes emportés par une caméra qui virevolte à la manière d'une valse entrainante à souhait qui nous tient en haleine jusqu'à un dénouement à la hauteur de tout le reste.
On se délecte de cette fabuleuse histoire qui nous transporte littéralement dans un autre monde durant 2 bonnes heures, ceci à travers une Amérique des années 60, 70 très habilement retranscrites, nous plongeant encore un peu plus dans un univers onirique, proche de celui de nos bons vieux JEUNET et CARO où les 2 couleurs principales (à savoir rouge et vert) éclatent l'écran, le tout se mêlant profondément et intelligemment à l'élément naturel plus présent que tout, l'Eau.
Je pense que c'est l'oeuvre la plus aboutie de cet excellentissime réalisateur qui nous fait passer par moult sentiments et fait ressurgir notre âme d'enfance au travers de ce superbe long-métrage.
Note : 8 / 10 ++